L'ETAT FACE AUX GUERILLAS URBAINES

La France des années 1980 a vu naitre les premières grandes émeutes urbaines au travers des incendies de véhicules et des batailles rangées entre jeunes adolescents de banlieue et forces de l'ordre.

Aujourd'hui, celles-ci sont de plus en plus rare et ont laissé place à une délinquance quotidienne, sournoise, violentes et dont les auteurs sont de plus en plus jeunes.

Face à l'augmentation du sentiment d'insécurité et de la délinquance juvénile de groupes, l'Etat a constaté que la seule prévention sociale ne suffisait plus. Il a donc du adapter l'administration policière en vue d'une réponse rapide, cohérente et systématique.

Toutefois, malgrés une relative évolution des orientations politiques visant à réprimer plus qu'à prévenir, de nombreuses carences demeurent. Aucune parade ne sera efficace si l'Etat n'a pas tout d'abord la volonté de restaurer son autorité dans les nombreux quartiers où elle est bafouée.

Sans prétendre être exhaustif sur un sujet aussi vaste, ce blog traite tant de la description du phénomène et de ses auteurs que des réponses apportées par les autorités.


Par ailleurs, afin de contribuer au débat, quelques propositions personelles paraissant nécessaires sont avancées.


Pour une meilleurs gestion du phénomène des violences urbaines...



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PROPOSE MON BLOG
POUR ÊTRE BLOG STAR

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- PRESENTATION -

Cléo 17 ans
Franco-Thai d'origine Sicilienne
Nice-Est 06300
Niveau scolaire: 3eme ( 2 fois redoublante)
Autres ? auteur/interprete
Label GHETTO CARNAGE




# Posté le vendredi 27 juin 2008 21:58

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 08:59

SOMMAIRE

DEFINITION:

- Une définition empirique
- Le sentiment d'insécurité
- La Banlieue : Etat des lieux

CONSTAT:

- Sous le contrôle des statistiques
- Evolution quantitative des violences urbaines
- Extension géographique du phénomène
- La notion du territoire
- La violence au quotidien
- Les émeutes
- Les justifications

LES AUTEURS:

- Des auteurs de plus en plus jeunes
- Le phénomène des bandes
- Des carences éducatives et scolaire
- Un portrait type de l'auteur ?

PREVENIR:

- La politique de la Ville
- Les partenariats
- Le contrat local de sécurité ( CLS )
- Les polices municipales
- D'autres acteurs de la sécurité

REPRIMER:

- Les services spécialisés de la police
- La stratégie policière
- La sécurité publique
- Les inadaptations policières
- Le rôle de la justice
- L'ordonnance de 1945 sur les mineurs
- Les autres incriminations
- La définition de la politique pénale

APPROFONDIR:

- Glossaire
- Abréviations utiles
- Bibliographie
SOMMAIRE

# Posté le mardi 08 juillet 2008 04:08

Modifié le dimanche 21 décembre 2008 11:57

DEFINITION: UNE DEFINITION EMPIRIQUE

LES VIOLENCES URBAINES N'ONT PAS ENCORE DE DEFINITION OFFICIELLE, D'OU LA DIFFICULTE D'APPRECIER CE PHENOMENE DE MANIERE HOMOGENE.

UN CADRE JURIDIQUE INEXISTANT

Les violences urbaines ne sont pas perçues en fonction d'une qualification juridique. Elles ne sont donc pas considérées comme une infraction spécifique du code pénal mais par rapport à un ensenble de comportements et d'acte plus ou moins violents ayant des caractéristiques précises et perpétrés dans certaines zones géographiques. Par conséquent, un individu ne sera jamais poursuivi au titre des "violences urbaines", mais pour avoir commis l'un des actes constitutifs de ces violences urbaines: violence, incendie volontaire, dégradation de bien, rébellion, etc...

Quelques exemples:
Au titre des violences urbaines, on peut citer les dégradations réalisées en groupe, en particulier les incendies de véhicules ou les dtériorations par jets de projectiles, les razzias dans les commerces, les rodéos de voitures volées, les rixes de règlements de comptes entre bandes, le vendalisme anti-institutionnel, les agressions physiques ou verbales contre des représentants institutionnels ( contrôleurs RQTP ou SNCF, pompiers, enseignants), les incitations à l'émeute, les attroupements agressifs lors d'interventions de police, les agressions physiques et/ou guets-apens contre les policiers, le vandalisme ouvert et massif, l'émeute, etc.

L'esprit de quartier:
Les violences urbaines ont une forte connotation anti-institutionnelle érigée sur la défense d'un territoire et sur une solidarité entre les habitants d'un même quartier.


POURQUOI L'EXPRESSION << VIOLENCES URBAINES >> ?

Si l' on prenait à la lettre la dénomination de la violence urbaine, tout acte violent - non justifié ou non légitime - se déroulant en milieu urbain serait qualifié de violence urbaine. On pourrait même alors définir la violence urbaine comme la << violence morale ou sociale>> causée par l'environnement urbain sur des individus. Or, les violences urbaines désignent des comportements bien particuliers, puisqu'elles visent des faits illégaux commis dans certaines zones géographiques appelées banlieues ou cités.
Toutefois, les violences urbaines ne sont pas nécessairement des actes perpetrés en zone urbaine. En effet, on constate leur déplacement vers des zones rurales, et elles se nomment alors violences <<rurbaines>>.

Les violences <<rurbaines>>:
Ce terme a été inventé en 1994 par la gendarmerie nationale pour des faits commis, non pas en ville ou en banlieue, mais dans les zones périurbaines qui relèvent de la compétence territoriale de la gendarmerie nationale.


S'OPPOSER AUX INSTITUTIONS

Selon les Renseignements généraux, les violences ubaines peuvent être définies comme des <<actes juvéniles collectifs commis de manière ouverte et povocatrice et créant dans la population un fort sentiment d'insécurité>>.
Cette violence peut être destructive (dégradations), émotionelle (émeutes), ludique (rodéos de véhicules) et/ou crapuleuse (protection d'un trafic). On peut ajouter à cette description le développement de phénomènes anarchiques et d'une sous-culture de quartier hostile aux représentans des institutions, en particulier aux forces de l'ordre. Plusieurs caractères sont donc mis en exergue : la jeunesse et les motivations des auteurs, l'aspect collectif et la justification des actes. Cette définition des violences urbaines permet d'englober des actes différents, allant des incivilités les plus dures - mais non constructives d'infraction pénalles - aux violentes émeutes urbaines, en passant par la petite violence au quotidien.
Ces divers degrés dans la violence urbaine constituent néanmoins une unité ayant pour fondement la remise en cause des règles sociales fixées par la collectivité.

Les violences urbaies sont définies tels des actes violents, commis ouvertement contre des biens, des personnes ou de symboles des institutions par un groupe généralement jeune, structuré ou non.
Ces actes ont lieu sur un territoire donné et revendiqué par ce groupe comme étant <<sous sa domination>>.

# Posté le mardi 08 juillet 2008 06:33

DEFINITION: LE SENTIMENT D'INSECURITE

LES VIOLENCES URBAINES , ACTIONS SPECTACULAIRES ET CARACTERISEES PAR LA REMISE EN CAUSE DE L'ODRE SOCIAL, SONT DES ACTES AGGRAVANT LE SENTIMENT D'INSECURITE.

DEFINITION

Il est défini par le sociologue Sébastian Roché comme << un processus de lecture du monde environnant qui est saisi chez les individus comme un syndrome d'émotions >> (peur, haine, jalousie) cristallisées sur le crime et ses auteurs>>. Ce sentiment d'insécurité, ne reflétant pas forcément la réalité, s'impose aux esprits comme l'idée que l'on a de sa propre sécurité. Suite à de nombreuses enquêtes, il à été démontré qu'il n'y avait pas besoin d'avoir été soi-même victime, ou de connaître une victime d'un crime ou d'un délit, pour se sentir inquiet. Les faits que les gens craignent ne sont pas ceux auxquels ils ont été directement ou in-directement confronté, mais ceux qu'ils perçoivent comme pouvant leurs arriver.

SES COMPOSANTS

Plus que les infractions réellement perpétrées, les éléments constitutifs de sentiment d'insécurité sont les <<incivilités>> comme les tapages nocturnes, le vandalisme, l'occupation agressive et bruyante des espaces publics ou privés. Or, ces comportements asociaux sont ressentis comme des <<blessures, des fractures de la société>>(selon Roché). A la limite du délit, les incivilités sont des facteurs de la vie sociales générant des sentiments de rejet, de crainte et d'insécurité. L'insécurité est alors l'expression de la déstructuration manifestant des repères politiques et sociaux. Les incivilités donnent l'impression que l'ordre social n'existe plus et que la sécurité n'est plus assurée. Le sentiment d'insécurité est également renforcé par la non-élucidation de nombreux délits, faute d poursuites pénales ou du fait de la non-interpellation des auteurs. Ce phénomène se traduit chez certaines personnes par la conviction qu'elles n'ont plus rien à espérer des forces d'autorité.
Les incivilités:
Ce sont des manquement aux règles élémentaires de vie en société. Les incivilités et les violences urbaines participent à la dégradation d'un quartier avec, en filigrane, le même rejet des acteurs institutionnels et des règles sociales.

LES CONSEQUENCES DES VIOLENCES URBAINES

L'impact des troubles à l'ordre public causés par les violences urbaines est considérable. L'effet visible de ces troubles et les difficultés d'intervention et de repression des autorités publiques aggravent le sentiment d'abandon, d'inquiétude et de vulnérabilité ressenti par certains habitants des quartiers concernés. Dans ce contexte, les violences urbaines sont de forts facteurs de création du sentiment d'insécurité. Dans ce cadre, les infractions contitutives de violences urbaines sont symptomatiques, puisque, très souvent, leurs auteurs ne sont pas inquiétés par les autorités : soit ils ne sonr jamais appréhendés, soit ils sont mineurs, soit les infractions sont classés sans suite par le parquet*.

MEDIAS ET SENTIMENT D'INSECURITE

Participant à la formation des esprits, les médias, par leur façon de couvrir certains évènements de banlieue, contribuent plus ou moins directement à alimenter le sentiment d'insécurité de certains habitants. La présentation négative des cités et l'amalgame avec la situation aux Etats-Unis renforcent en toute logique les craintes et les angoisses de la population.

Les violences urbaines, phénomènes collectifs et juvéniles visibles, exposés à la vue de tous e médiatisés, comportent tous les éléments favorisant la création ou le développement du sentiment d'insécurité.



DEFINITION: LE SENTIMENT D'INSECURITE

# Posté le samedi 26 juillet 2008 08:50

Modifié le mercredi 27 août 2008 05:31

DEFINITION: LA BANLIEUE : Etat des lieux

Les cités, théâtre habituel des violences urbaines, présentent toutes certaines spécificités socidémographiques.

DEFINITION :

Selon le dictionnaire Le Nouveau Robert, la banlieue est << ensenble des agglomérations qui entourent une grande ville et qui dépendent d'elle pour une ou plusieurs de ses fonctions >>. Aujourd'hui, la banlieue est considérée par la population et les médias comme un ensenble d'immeubles, voie de quartiers, qui, au sein d'une commune, présente des caractéristiques liées à des difficultés sociales importantes.

Ethnisation :
A Chanteloup-les-Vignes (78) les 2 320 logements construits dans les années 1970 de la ZAC de la Noé sont habités par 64 ethnies parmi lesquelles on distingue 45 nationalités différentes.

VIOLENCE URBAINES ET BANLIEUE:

La classification instituée dans le cadre des différents plans gouvernementaux en faveur de la Ville est révélatrice des quartiers touchés par la violence urbaines.
Par exemple, les zones urbaines sensibles sont caractérisées par un taux de chômage 1,5 a 2 fois supérieur à la moyenne nationale, une proportion de jeunes de moins de 25 ans située entre 40% et 50% de la population du quartier et un niveau de qualification professionnelle faible : 50% des personnes sont sorties du système scolaires sans diplomes. Ces quartiers sont souvent composés en majorité de logements sociaux dans lesquels vit une forte population étrangère ou d'origine étrangère.

Gros plan en chiffres :
Dans le quartier du Mas-du-Taureau à Vaulx-en-Velin (69), en 1990, 50% de la population avait moins de 25 ans, 40% était d'origine maghrébine, près de 20% des habitants se trouvaient au chômage et 50% des foyers étaient non imposables. En 1985, le quartier des Minguettes de la ville de Vénissieux (69) comptait 65 000 âmes dont la moitié vivait dans une ZUP avec plus de 60% des résidents d'origine étrangère, et 51 nationalités différentes et plus de 50% de jeunes de moins de 25 ans.

BANLIEUE = GHETTO ?

Les banlieues françaises ne peuvent pas encore être assimilées aux ghettos américains. Comme l'indique le sociologue américain Loïc Wacquant, des facteurs apparents de convergence existent entre les deux pays : << dépopulation, concentration de minorités ethniques ou immigrées, échec scolaire et chômage accentué notamment chez les jeunes, croissance des familles monoparentals et distorsion de la structure démographique, isolement et délinquance >>.
Mais l'intensité et l'ampleur de l'exclusion urbaine, son caractère racial, son ancrage historique et surtout une logique institutionelle, une idéologie et des politiques profondément divergentes interdisent
une assimilation hâtive. De même, il faut signaler qu'un ghetto est construit par les gens de l'exterieur. Or, en France, dans certains quartiers, ce sont les habitants eux-mêmes qui édifient le ghetto en empêchant tout << étranger >> d'entrer dans le quartier.

BANLIEUE = ZONE CRIMINELLE :

En revanche, certains quartiers peuvent être assimilés a des zones criminelles, telles que définies par le criminologue Maurice Cussen. Il constate que << les pressions sociales qui, normalement, s'exercent dans les familles, dans les écoles et dans les communautés locales n'agissent que aiblement dans ces zones ou les forces de l'ordre éprouvent de la difficulté à s'enraciner >>. Deux criminologues américains, Skogan et Roiss, expliquent avec précision le processus qui conduit à l'émergence d'une zone criminelle: dégradation progressive du bâti, changements selectis de population, affaiblissement des contrôles sociaux, installation d'un climat de peur, de méfiance, spirale du crime et effrondrement. Certains quartiers de l'Hexagone présentent assurément ce profil et suivent lentement cette meme logique.


La pluriethnicité, un faible niveau d'intégration, un taux de chômage plus élevé que la moyenne, une grande pauvreté, une forte proportion de jeunes et des structures familiales dissociées sont les 6 faits caractéristiques des lieux ou apparaissent et se développent les violences urbaines.




DEFINITION: LA BANLIEUE : Etat des lieux

# Posté le dimanche 21 décembre 2008 11:38

Modifié le mardi 23 décembre 2008 10:45